À quoi elle sert ta thèse ?

J’aurai aimé répondre :

À rien #

Revandiquer l’inutilité de ma réflexion, de nos discipline pour faire acte de résistance à la logique productiviste et utilitariste

  pour être insolente un peu aussi

Cette question, je l’ai beaucoup entendu tout au long de mon cursus, déclinée avec tous les arguments possibles,

  "Mais au fond tu fais quoi ? Tu lis ? Moi aussi je sais lire."
  "Lire c'est pas un travail."
  "C'est quoi la destination finale ?" 
  "Quand est-ce qu'on finit de lire ?"

Concrètement en effet, ça sert à quoi la littérature ? et surtout produire de la littérature sur de la littérature ça sert à quoi ? Ça ne conduit pas l’eau jusqu’à ma maison, ça ne se découpe pas pour être vendu comme pièce de viande dans les supermarchés, ça n’a pas de pelle pour creuser des trous et enterrer des choses. Ça ne sert pas comme ça. Ça sert à lire le monde (Marcotte 2009).

Lire le monde plutôt que le servir #

Entrant dans la catégorie des littératures, certainement ma thèse a l’utilité de lire une partie du monde, partie spécifique à mon sujet. Je me suis demandé si cette question aurait été posée à un autre sujet, à sujet qui semble plus clairement inscrit déjà dans le monde, qui se pose avec plus d’évidence comme déjà un morceau du monde.

 grands canons littéraire dirigé vers la culture
 grands noms porteurs d'autorité sur le savoir

On se doute que les thèses sur Proust vont servir principalement à lire la portion proust du monde, portions qui incluent autant les objets tagués proust que les spécialistes homologués proust.

Ma portion du monde #

Deux hypothèses possibles de la question :

  1. la portion du monde de ma thèse n’est pas assez claire dans son énoncé.

  2. la portion du monde de ma thèse n’existe pas encore : mes sujets ne sont pas nouveaux, mais peut-être que leur réunion dans un même processus de pensée relève d’une combinaison inédite comme la crèpe sardine-chocolat.

Ma portion du monde se compose des éléments suivants :

  • palimpseste
  • recherche-création
  • littérature numérique
  • texture ou matérialité du texte
  • remédiation
  • épuisement et détournement

Peut-être par la dispersion des sujets et sous-sujets, peut-être par boulimie, il paraît clair que cette portion du monde s’apparente au pot-pourri : la clef, dans tout bon pot-pourri, c’est l’arôme qui va lier tout les éléments et composer une unité cohérente. La clef de la portion ici, c’est le palimpseste et surtout sa resémantisation dans une approche recherche-création.

Sans être inédite, ma thèse a l’objectif de servir à lire la littérature comme une processus constant de négociation entre le média et l’inscription sans parvenir à distinguer les deux.


En écho la mise en Graph de l’organisation de la portion du monde de ma thèse

CC BY-NC-SA Antoine Fauchié